MARC LAMMERS : « NOUS POUVIONS TERMINER SUR LE PODIUM ! »

Quelques heures après la magnifique prestation collective de nos Red Lions, face à l’Allemagne, Marc Lammers est détendu et souriant. Pendant près d’une demi-heure, il s’est confié ouvertement sur son sentiment après cette première expérience internationale avec notre équipe nationale. Le Néerlandais n’élude aucune question. Il explique, argumente et tente de bien faire comprendre son message. Il n’est pas venu dans notre pays pour se contenter de jouer les seconds rôles. Il veut des victoires et des médailles.

Marc, quel bilan tires-tu de cette participation au Champions Trophy ?
« Je suis satisfait de la réaction du groupe après notre première partie de tournoi assez décevante. Mais il ne faut pas sous-estimer l’impact de la période qui a précédé ce rendez-vous sur nos prestations. La préparation n’a pas été idéale et une passation de pouvoir entre deux entraîneurs n’est jamais simple à mettre en place. Il nous fallait six semaines pour être prêts pour cette compétition. Cela n’a pas été le cas. »

Cette cinquième place est-elle finalement un bon résultat ?
« Oui même si je suis persuadé que nous aurions pu terminer sur le podium en battant le Pakistan pour la troisième place. Nous aurions vraiment pu remporter cette rencontre face à l’Inde mais nous ne sommes malheureusement pas parvenus à marquer alors que nous avons eu la main mise sur le match. Toutefois, par après, que ce soit face à l’Angleterre ou face à l’Allemagne, nous avons proposé des prestations extrêmement satisfaisantes. Mon sentiment est donc assez mitigé car je pense sincèrement que nous pouvions faire mieux ici à Melbourne. »

Tu étais déçu ou fâché après cette rencontre face à l’Inde ?
« Non, j’étais réellement déçu vu la tournure prise par les événements. Les joueurs ont bien réagi après les rencontres de poule. Dans l’ensemble, le match face à l’Inde était assez bon. Nous aurions du nous imposer lors de ce quart de finale. Les joueurs et le staff étaient réellement frustrés après cette rencontre. »

 Quels sont les points positifs que tu retires de ces neuf jours de compétition ?
« Je suis très exigeant. Je veux toujours gagner et augmenter constamment le niveau de jeu de mon équipe. Parmi les points positifs, je veux d’abord souligner la belle réaction de ce groupe lors des deux dernières rencontres. Les joueurs clés ont pris leurs responsabilités et cela a porté le groupe vers le haut. L’équipe s’est améliorée au fur et à mesure des rencontres. Elle a démontré qu’elle avait les qualités et les capacités pour battre les meilleures nations mondiales. La mentalité a été excellente et mes joueurs se sont battus pour obtenir ces deux victoires. Je veux également souligner les très bonnes prestations de plusieurs d’entre eux comme Arthur Van Doren, Sébastien Dockier ou Elliot Van Strydonck qui ont réalisé un excellent tournoi. »

Cette exigence passe par encore plus de professionnalisme ?
« Bien évidemment. Si on veut faire la différence, il faut être focalisé hockey 365 jours par an. Les joueurs de l’équipe nationale doivent démontrer, chaque semaine, dans le championnat de Belgique, qu’ils sont les meilleurs. Ils doivent être bien plus exigeants avec eux-mêmes. Il ne suffit pas de paraître sur le terrain et de faire son match. Il faut prouver continuellement que l’on est le plus fort. »

Après les fêtes de fin d’année, tu élargiras ton groupe à de nouveaux joueurs ?
« C’est exact. Je veux de la concurrence dans mon noyau. Outre les retours de Jérôme Dekeyser et de Florent Van Aubel, je veux donner leur chance à plusieurs U21 qui se sont illustrés au Championnat d’Europe à Den Bosch. Sept joueurs nous rejoindront pour le stage que nous effectuerons en Espagne à la fin du mois de janvier. Dimitri Cuvelier, Arnaud Flamand, Emmanuel Stockbroeckx, Nicolas Dumont, Tanguy Cosyns, Sydney Cabuy et Max Peeters recevront ainsi leur chance. C’est de cette manière qu’ils pourront encore progresser. Cela mettra également une pression supplémentaire sur les épaules de mes autres internationaux. »

Tu insistes beaucoup sur la notion d’effort ?
« Bien entendu, c’est capital. A ce niveau, on ne peut pas tricher. Il faut travailler dur et démontrer au quotidien que l’on veut atteindre le sommet. Si tu fais toujours la même chose, tu ne progresses pas. Tu stagnes. Ce n’est pas possible si tu veux faire partie des meilleures équipes du monde dans les années à venir. Il faut travailler sur le physique, sur le lifestyle. Il faut arrêter de boire, de fumer, avoir une hygiène de vie irréprochable tout au long de l’année. Tout le monde doit faire des efforts. »

Tu as beaucoup d’ambitions pour l’avenir.
« Je ne suis pas venu en Belgique pour être simplement cinquième du Champions Trophy ou des Jeux olympiques. J’ai d’autres ambitions. Il faut travailler au quotidien pour augmenter son niveau. On doit continuer à s’améliorer et à progresser. Je pense honnêtement que la Belgique peut être l’équipe surprise de ces trois prochaines années. Mais cela passera par des dizaines de petits détails à améliorer. Tout dépend du niveau que l’on veut atteindre. Mais c’est clair que les joueurs doivent s’adapter à ma manière de travailler et à mes exigences qui sont très élevées. »

Justement sur quels aspects faut-il travailler en priorité durant ces prochains mois ?
« Il y a plusieurs points sur lesquels nous allons nous concentrer. Notre moyenne sur penalty est beaucoup trop basse comme on l’a vu durant le tournoi. Nous ne sommes pas encore suffisamment fort physiquement. Nous ne gagnons pas assez de duels, surtout en un contre un. Nous devons nous créer plus d’opportunités de but dans le cercle adverse. Mais toutes ces améliorations passent par un travail en équipe nationale mais aussi en clubs. Nous allons donc essayer de travailler plus intensivement à leurs côtés pour atteindre nos objectifs et poursuivre notre progression. »

Laurent Toussaint (à Melbourne)

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