« L’ÉQUIPE NATIONALE BELGE DOIT IMPÉRATIVEMENT S’OUVRIR AUX CLUBS »

Depuis le mois de novembre dernier et la non-qualification des Red Lions pour la Coupe du monde indienne, de nouvelles langues se sont déliées. Les commentaires d’agacement et, parfois de frustrations, ont continué à fuser à gauche et à droite. Mais comme bien souvent, ceux-ci se sont apaisés avec le temps. Pourtant, un homme, habituellement en retrait et posé, a décidé de taper à nouveau du poing sur la table. Lassé par tant d’interrogations auxquelles il n’a jamais obtenu la moindre réponse, Etienne Tys, le coach du Waterloo Ducks, a décidé de replacer, une nouvelle fois, le débat sur le devant de la scène.

« Avant toute chose, je veux réaffirmer que notre soutien aux équipes nationales est total et enthousiaste. Toutefois, il y a trop de questions qui restent sans réponse. Aussi, après avoir parlé avec les intéressés, et n’ayant pas reçu de réponses claires, je passe à la vitesse supérieure. En tant qu’entraîneur d’un club fournissant un large quota de joueurs aux équipes nationales, j’ai décidé de publier une lettre ouverte qui se veut avant tout une reflexions sur le hockey belge de haut niveau. »

Comment améliorer les relations entre la direction technique nationale et les clubs ? Où reste le debriefing du tournoi argentin que nous attendons depuis plus de cinq mois ? Pourquoi les clubs ne participent-ils pas à la correction des lacunes des joueurs ? Pourquoi rencontrons-nous si peu de cadres lors d’évènements importants comme lors des Playoffs ? Les interrogations fusent et la démarche est sincère. Etienne Tys n’a qu’une seule intention, permettre à la Belgique de poursuivre sa progression vers le plus haut niveau.

« Quand je me pose la question de l’opportunité d’inclure des belges dans le staff de l’équipe A, je ne remets pas en cause la compétence du staff actuel. Sa grande qualité et son expertise ne sont plus à démontrer. Mais quels seront les choix le jour où Adam Commens ou Colin Batch partiront vers d’autres objectifs ? Quel investissement  faisons-nous pour former un coach belge de plus haut niveau ? Je sais que certains jeunes entraîneurs prometteurs sont déjà inclus dans l’encadrement des dames et des U 21, mais ce n’est pas suffisant. »

Et si toute une série de questions concerne une vision stratégique à long terme qui incombe à la Fédération et sa direction technique, d’autres sont nettement plus terre à terre. Pour le coach des champions de Belgique, il est ainsi grand temps d’offrir un repos bien mérité aux internationaux qui enchaînent les saisons à un rythme d’enfer. « Les joueurs sont sur le grill des rendez-vous internationaux depuis quatre ans et plus. Ne pourrait-on pas leur accorder un programme réduit ? Les joueurs sont saturés. C’est une des raisons des défections précoces de joueurs importants comme Thomas Van den Balck. Et, à ce moment-là, nous en revenons inévitablement à la collaboration avec les clubs. C’est faux de croire que déléguer l’entraînement des joueurs élites aux clubs constitue un appauvrissement. Et si le staff national pense à tort que c’est le cas, qu’il mette en place les outils pour modifier la situation. »

La seule volonté d’Etienne Tys est de susciter le débat pour faire avancer, encore et encore, la professionnalisation de la formation et de l’encadrement des équipes nationales depuis les équipes d’âges. Et là, l’homme fort du Watducks a donné un bon gros coup de pied dans la fourmilière.

Laurent Toussaint, In Le Soir, lundi 12 avril 2010.

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