Victor Wegnez confirme les espoirs placés en lui

Depuis plusieurs années, les observateurs prédisent un avenir radieux au jeune Molenbeekois. Impulsif et grande gueule au Daring, il a gagné en maturité et devenu beaucoup moins fougueux depuis son arrivée chez les Red Lions. Et, après une World League 3 convaincante, à Johannesburg, le milieu de terrain est occupé à mettre tout le monde d’accord à Amstelveen.

Après une courte nuit, Victor Wegnez était tout sourire au moment de livrer ses sentiments après la victoire pleine de panache face aux Pays-Bas (5-0). Lors du derby des plats plays, le Bruxellois a été, une fois de plus, impressionnant de maîtrise et de calme dans l’entrejeu des Red Lions. Il a évolué comme un vieux briscard face à l’une des meilleures nations mondiales. Il a parcouru des kilomètres sans montrer le moindre signe de fatigue et il souvent joué très juste en servant parfaitement ses partenaires. « Personne ne s’attendait à un tel résultat mais nous avons envoyé un signal clair aux grandes nations. Mais il faut toutefois reconnaître qu’en terme d’occasions, ils ont été beaucoup plus dangereux que nous et qu’ils ont obtenu beaucoup plus d’entrées de cercle. On retiendra donc qu’il y a beaucoup de points à améliorer pour nos prochaines rencontres. Mais c’est un sentiment extraordinaire de battre les Pays-Bas devant leur public sur un tel score. »

Lors de cette deuxième rencontre de poule, le nouveau médian du Dragons a évolué à un très haut niveau, rivalisant sans complexe, avec les meilleurs joueurs du monde. « Shane McLeod m’avait demandé, après ma prestation de samedi, face à l’Autriche, de porter beaucoup plus la balle et de jouer vers l’avant. J’avoue que je ne ressens pas réellement la pression dans ce tournoi. Je ne l’ai d’ailleurs jamais réellement sur un terrain de hockey et ce quelques soient les adversaires. Je ne me pose pas 1.000 questions et je me concentre simplement sur mon jeu et sur ma tâche de récupération de balles dans le milieu de terrain. Mais je ne vais certainement pas changer mon style de jeu parce que c’est l’Allemagne ou les Pays-Bas en face de nous. »

Et c’est clair que l’ancien capitaine des U21 en a effectué du chemin depuis son arrivée dans le groupe des Red Lions en octobre 2015. Sous l’aile de plusieurs anciens, Vic a pris une nouvelle dimension grâce, en grande partie, à Shane McLeod. « C’est un second papa pour moi. Il est toujours là pour nous guider, nous les jeunes, et pour nous donner des conseils. Il discute beaucoup avec nous afin de corriger nos défauts et nous faire progresser. Il nous pousse à prendre un maximum d’initiatives. Ce n’est pas grave si nous perdons de temps en temps une balle ou que nous prenons parfois une mauvaise décision. Shane nous aide à sortir de notre zone de confort et c’est cela qui nous fait grandir. Je fais également beaucoup d’analyse avec Felix Denayer. Son expérience dans le milieu de terrain est incroyable. Arthur Van Doren est également toujours de bon conseil. Il nous donne beaucoup de conseils pour notre placement et il nous aiguille pour améliorer encore notre communication sur le terrain. »

Mais ce déferlement de compliments n’empêche pas le Bruxellois d’être bien conscient du chemin qui lui reste à parcourir pour devenir l’un des cadres de cette équipe. « Je suis dans la continuité de ce début d’été et de la World League 3. Ce sont surtout toutes ces rencontres au plus haut niveau qui me font progresser au quotidien. Je dois encore continuer à grandir et surtout accumuler un maximum d’expérience. »

Vu leur début de Championnat d’Europe, les Red Lions ne peuvent en tous cas plus cacher leurs ambitions dans le tournoi. Mais pas question néanmoins de s’enflammer dans le camp belge avant la dernière rencontre de la phase de groupe face à l’Espagne (17h00). « Ce n’est parce que nous battu les Pays-Bas que nous devons nous voir champions d’Europe. Il faut garder les pieds sur terre. Les matchs les plus importants doivent encore être à jouer et c’est déjà en demi-finale qu’il faudra réaliser une nouvelle prestation solide pour arriver en finale qui est notre premier grand objectif du tournoi. Même si on espère tous décrocher une médaille d’or. Mais pour cela, il faudra travailler très dur. »

Laurent Toussaint (à Amstelveen), In La Capitale, mercredi 23 août 2017.

Photo : Sean Burke.

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