LES MOINS VALIDES PROFITENT EUX AUSSI DES JOIES DU HOCKEY

Lorsque le 7 octobre 2009, Etienne Bocken a accueilli les premiers moins valides sur le terrain du Wellington pour une première séance d’initiation au hockey, il n’imaginait certainement pas l’impact que démarche aurait sur les enfants, sur l’encadrement et sur les membres du club. La section Hockey Together venait de voir le jour. Et le succès est au rendez-vous puisqu’ils sont aujourd’hui près de septante à s’épanouir avec leurs sticks. Autant de filles que de garçons. De tous les âges. Et de tous les handicaps : sensoriel, mental et comportemental.

Pour l’initiateur du projet, il s’agit réellement d’une grande réussite. « Le retour des grands ados et des adultes est aussi fort que celui des enfants. Ils sont très attachés à leur séance hebdomadaire. Elle rythme leur semaine, ils s’inquiètent de leurs progrès, râlent contre eux-mêmes quand ils manquent une balle. Il s’agit d’une véritable compétition contre leur handicap. Ils se rendent compte que, petit à petit, ils sont en train de gagner le combat qu’ils mènent contre eux-mêmes. Chez les plus jeunes, il existe le même enthousiasme. C’est ce que me rapporte une maman. Son fils la houspille une heure avant le début de l’entraînement, son sac est prêt, pour rien au monde, il ne voudrait arriver en retard… »

Et le projet a fait des émules puisque d’autres clubs du Royaume possèdent aussi une structure équivalente : le Pingouin à Nivelles, Néo-Mechelen et, depuis cette saison, le Victory à Edegem (avec le G-hockey pour « gehandicapeerd »). « On peut dire que le petit monde du hockey connaît bien Hockey Together, poursuit le Bruxellois. Même s’il reste encore beaucoup de travail à accomplir, on s’y emploie au quotidien. Mais le bilan ne doit pas être seulement quantitatif. Il faut surtout que les enfants, les ados et les adultes s’épanouissent dans le groupe. Ceux-ci font des progrès étonnants, non seulement sur le plan du hockey, mais surtout sur celui de la sociabilité. Ils sont devenus des membres à part entière du club et ils se sentent bien au Well. »

Mais il n’est pas simple de financer un tel projet aussi magnifique qui soit. « La question vient bien à propos, reconnaît Etienne Bocken. Pour l’instant, en dehors d’un sponsor, nous avons financé l’entièreté du projet sur fonds propres. Mais il est clair, qu’à l’avenir, nous devrons être soutenus, pour pouvoir nous adresser au grand public, aux écoles, aux associations, aux mutuelles. Nous mettons en place des relais. Pour faire les choses correctement, comme elles le méritent, nous aurons besoin d’argent. Je ne veux pas anticiper, mais c’est actuellement en bonne voie. »

Hockey Together n’a aucune ambition élitiste (performance, compétition, para-olympics, etc.), il vise simplement à éduquer et à procurer un loisir sportif à des jeunes qui en étaient privés jusqu’ici. « J’espère que d’autres clubs adhéreront à ce projet et si possible, un ou deux par an. Au Wellington, nous avons vraiment acquis un savoir-faire et je ne demande qu’à le partager. C’est très mobilisateur au sein d’un club et extrêmement valorisant pour ceux qui participent. Nous venons d’ailleurs de réaliser un document qui explique bien la démarche Hockey Together et qui va être diffusé de manière sélective. C’est une véritable invitation à nous rejoindre… »

Laurent Toussaint, In Le Soir, lundi 27 février 2012.

Tous les renseignements sur le projet Hockey Together au Wellington (ici).

Tous les renseignements sur le projet Hockey Together au Pingouin (ici).

Relisez un article consacré au projet Hockey Together au Pingouin, daté du 13 octobre 2010 (ici).

Commentaires

One Comments

  1. Reply Post By Schoo Ians Brigitte

    Bravo Etienne pour ce magnifique projet !

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