Une claque salutaire à cinq mois de la Coupe du monde

Alors que la Belgique espérait tenir les premiers rôles lors de cette toute dernière édition du Champions Trophy, elle a finalement lutté pour éviter la dernière place après une semaine où elle a alterné le bon, le moyen et le mauvais. Et même si elle n’a subi qu’une seule défaite au cours de ces neuf derniers jours, tout comme le vainqueur du tournoi d’ailleurs, l’équipe ne s’est pas montrée suffisamment constante pour atteindre les objectifs fixés. Les Red Lions sont donc loin d’avoir proposé leur meilleur hockey, à Breda, mais avec un peu plus de chance et des résultats plus cohérents dans les autres matchs, ils auraient tout de même pu jouer pour une médaille. Mais le plus important est certainement que Shane McLeod et son staff pourront tirer énormément d’enseignements de ces six rencontres en terres néerlandaises.

1. Quand la défense doute, l’équipe vacille. Face aux Pays-Bas, les Belges ont sombré (6-1). Alors qu’une des forces indéniables des Lions est certainement leur assise défensive, solide et intraitable, la ligne arrière a connu des moments délicats. Et quand les défenseurs ne sont pas en confiance, c’est forcément l’ensemble du collectif qui en pâtit. « Ce terrain était difficile et nous avons éprouvé beaucoup de difficultés à mettre du rythme, reconnaissait Loïck Luypaert. La défense peut clairement faire mieux, mais c’est toute l’équipe qui n’était pas suffisamment au niveau durant la semaine. Nous devrons donc tous bosser très dur pour corriger le tir. »

2. Un p.c. balbutiant. Si lors des derniers grands rendez-vous internationaux le penalty belge avait démontré toute son importance, il n’a jamais été à la hauteur lors de ce tournoi. Avec un taux de conversion de seulement 11 % (3 sur 27 dont un seul direct), il faudra retrouver les fondamentaux. Nos tireurs figurent parmi les meilleurs de la planète avec des artilleurs tels que Loïck Luypaert ou Tom Boon. « Peu d’équipes ont performé sur penalty lors du tournoi à l’exception de l’Argentine, poursuivait le défenseur central. Le terrain était lent et sec. Il accrochait et il y avait toujours quelque chose qui ne tournait pas rond. Mais nous allons travailler cela et retrouver toutes nos sensations. Je ne suis pas très inquiet. J’espère simplement que le terrain sera meilleur à la Coupe du monde. »

3. Un groupe épuisé mentalement. Ce n’est un secret pour personne, les joueurs enchaînent les tournois et les obligations mois après mois. A Breda, ceux-ci étaient à bout. Prêts physiquement, ils n’ont pas su ou pu se surpasser quand cela ne tournait pas comme ils le souhaitaient. « Dans le sport, on reçoit ce que l’on mérite. Nous devons nous regarder dans la glace. Nous devons tout bosser très dur et ce n’est pas plus mal que l’on se prenne une claque. C’est sévère mais juste. Nous sommes retombés les pieds sur terre. Nous avons tous besoin de nous ressourcer. Nous étions tous à la limite mentalement. » Le mois de vacances qui vient leur fera donc le plus grand bien pour recharger les batteries avant d’entamer la préparation pour le grand rendez-vous mondial qui débutera à la fin du mois de novembre.

4. Bhubaneswar en ligne de vue. Ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’il faut juger cette équipe de Belgique et ses prestations. Shane McLeod avait prévenu. Il voulait effectuer de nombreux essais et mettre sur pied de nouveaux schémas pour contrer ses adversaires. Si la Belgique n’a pas évolué à son meilleur niveau, elle a tout de même proposé de bonnes séquences et des moments où elle avait largement le dessus sur son adversaire. « L’important est de pouvoir se remettre en question et de hiérarchiser nos objectifs, concluait Loïck Luypaert. Nous voulons toujours gagner et ce n’est pas simple de privilégier certains essais au détriment de la prestation. Ce groupe a besoin de succès pour avancer. Après la claque face aux Pays-Bas, le groupe a commencé à gamberger et remettre en question certains choix ou décision sur le terrain. Mais c’était important en tant que groupe ou individuellement de passer par cela pour être prêts au bon moment. » On se demande toutefois si McLeod n’aurait pas dû utiliser ce rendez-vous pour donner du temps de jeu à Augustin Meurmans ou à Dorian Thiery en laissant au repos des titulaires indiscutables comme Felix Denayer ou Arthur Van Doren, blessés durant la préparation. Mais il ne fait aucun doute que le sélectionneur néo-zélandais sait parfaitement où il va et que son plan est d’ores et déjà établi pour la suite de la préparation à la Coupe du monde.

Laurent Toussaint (à Breda).

Photo : FIH / Frank Uijlenbroek – WorldSportpics.

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