Les Pays-Bas, l’eldorado des Red Lions ?

C’est une attirance quasi magnétique qu’exerce, historiquement, la compétition néerlandaise sur les hockeyeurs du plat pays. Si la discipline est effectivement une véritable religion chez nos voisins bataves (322 clubs et plus de 255.000 membres !), la Hoofdklasse a, depuis toujours, été considérée, et à juste titre, comme le championnat le plus relevé au monde. Mais depuis quelques années, les choses sont occupées à changer. La division d’honneur belge semble avoir rattrapé une grande partie de son retard en termes d’intensité et de qualité de jeu. Alors pourquoi les Red Lions et les joueurs belges (ils sont dix au total, dont six champions du monde) semblent-ils toujours autant fascinés par une expérience outre-Moerdijk ?

Pour Tanguy Cosyns, qui défend les couleurs d’HGC depuis l’été dernier, le choix s’est effectué car il ne se voyait pas porter un autre maillot que celui du Daring en Belgique. « C’était le bon moment. Je ne dirai pas que le championnat néerlandais est un eldorado ou qu’il est le meilleur au monde. Mais il faut reconnaître que tout, ici, est plus professionnel. Nous sommes mieux entourés, les staffs sont plus complets et les sessions d’entraînements sont plus intenses. Le hockey est plus offensif alors qu’en Belgique, le jeu est plus compact. Cela fait seulement dix ans que la division d’honneur a gagné en qualité. Aux Pays-Bas, la mentalité est différente. Ils jouent sur leurs forces et il y a beaucoup plus de buts et d’actions qui sortent du lot. »

C’est en 1996 que le premier international belge a tenté la grande aventure. Gérald Dawamme quittait le Dragons pour rejoindre Oranje Zwart. L’attaquant était rapidement suivi par Mick et Joeri Beunen puis par Xavier Reckinger qui optaient également pour le club d’Eindhoven, situé seulement à 35 kilomètres de la Belgique. Ensuite, parallèlement à la courbe de progression de notre équipe nationale, ils étaient de plus en plus nombreux à venir renforcer l’effectif des grosses cylindrées bataves, comme Thomas Briels, Jeffrey Thys, Simon Gougnard, Tom Boon, Loick Luypaert, Vincent Vanasch ou Elliot Van Strydonck.

Et si, il y a encore quelques années, les joueurs franchissaient également la frontière, attirés par des salaires bien plus attractifs que ceux proposés en division d’honneur, les conditions financières sont, aujourd’hui, devenues quasi identiques entre les deux pays. « Ce n’est plus comme il y a dix ans, précise Thomas Briels, le capitaine des Red Lions, qui évolue à Oranje-Rood et qui dispute déjà sa 9e saison en Hoofdklasse. Les salaires sont comparables, surtout pour les meilleurs joueurs. Mais ici, les clubs sont de véritables entreprises. Nous sommes tous employés du club. En Belgique, ce n’est pas encore le cas partout et la plupart des joueurs doivent également donner des entraînements puisque cela est prévu dans leurs contrats. Ce n’est pas le cas ici. »

Le chemin inverse

L’écart de niveau entre les deux pays s’est donc restreint. La preuve en est que certains internationaux néerlandais effectuent aujourd’hui le chemin inverse et évoluent en division d’honneur (Sander Baart du Braxgata sera rejoint, cet été, par Bob de Voogd si le club de Boom se maintient en DH). Pour Arthur Van Doren, le meilleur joueur du monde en 2017 et en 2018, actif à Bloemendaal au côté de Manu Stockbroekx, il existe, toujours, certaines différences entre les hockeyeurs des deux pays. « Je crois que les joueurs de l’école néerlandaise sont beaucoup plus focalisés sur la technique et la balle. Les jeunes belges sont un peu plus flexibles. Ils peuvent adapter leur jeu et proposer beaucoup plus de variété dans leur style. C’est une des raisons pour lesquelles nous obtenons d’excellents résultats contre les grandes nations dans les équipes jeunes. »

De quoi inverser définitivement la tendance durant les prochaines années ?

Laurent Toussaint, In Le Soir, samedi 16 mars 2019.

Photo : EHL / Frank Uijlenbroek

Les joueurs belges en Hoodfklasse (saison 18-19) :

Thomas Briels (Oranje-Rood)
Tanguy Cosyns (HGC)
Sebastien Dockier (Den Bosch)
Alexander Hendrickx (Pinoké)
Max Plennevaux (HGC)
Vincent Spitaels (SCHC)
Manu Stockbroekx (Bloemendaal)
Arthur Van Doren (Bloemendaal)
Loïc Van Doren (Den Bosch)
Philip van Leeuwen (Amsterdam)

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