John-John Dohmen entre dans la légende

Dimanche, à l’issue de la débâcle lors du derby des plats pays, le regard de John-John Dohmen était sombre. Compétiteur hors-pair, le milieu de terrain des Red Lions ne cherchait d’ailleurs pas d’excuse au moment d’expliquer la débâcle de son équipe face à l’équipe néerlandaise. Au lendemain de la défaite lors de cette deuxième journée du Champions Trophy, le discours n’avait certainement pas tiédi. « Nous avons proposé une première période catastrophique en commettant des erreurs défensives qui ne nous ressemblent pas. Je ne m’explique pas réellement ces 30 minutes épouvantables. Je n’étais toutefois pas en colère car, heureusement, ce revers n’a aucune conséquence sur la suite de la compétition et la possibilité de disputer la finale. »

Face à la quatrième nation mondiale, le système défensif a pris l’eau. Et personne n’a été capable de redresser la barre pour éviter le naufrage. « Est-ce qu’il s’agit d’une faillite collective ? Dans le score, oui, acquiesce John-John Dohmen. Mais, sur le terrain, certains ont livré une prestation très correcte. Il y a eu un enchaînement d’erreurs individuelles que nous avons payé cash. Ce sont des erreurs tactiques et individuelles mais la responsabilité n’est certainement pas collective. Nous nous sommes procuré pas mal d’occasions et des p.c. Il y a 10 ans, nous n’aurions pas obtenu autant de possibilités et nous n’aurions peut-être même pas eu voix au chapitre. Ce n’était pas le cas dimanche. »

Hors de question, donc, de remettre tout en question. Les protégés de Shane McLeod ont à présent les yeux tournés vers la suite de la compétition et le duel face à l’Argentine. Un match à la saveur toute particulière pour John-John Dohmen qui inscrira son nom dans l’histoire du hockey belge en devenant le joueur le plus capé avec 359 sélections, juste devant un certain… Marc Coudron. « C’est un réel accomplissement. Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais imaginé cela en débutant ma carrière internationale. Nous nous sommes croisés avec Marc puisque j’ai effectué mes premiers pas en équipe nationale au moment où il venait de faire ses adieux. Je n’imaginais pas un seul instant le rejoindre au nombre de sélections. Je n’avais qu’un seul grand rêve, c’était de disputer les JO. Au final, j’ai disputé trois fois les Jeux et remporter une médaille d’argent. »

Le Brabançon a débarqué dans le noyau des Red Lions à seulement 16 ans avant de disputer son premier match à Rome, avec à la clé, une victoire face à l’Italie. « C’est Pascal Kina, T2 de Giles Bonnet à l’époque, qui m’avait repéré chez les U16. Je suis donc arrivé dans un groupe où je connaissais à peine 3 joueurs vu que je n’avais même pas encore effectué mes débuts en D1 avec le Léopold. Il y avait Patrick Houssein, avec qui je jouais au Léopold, Mike Dewever, mon cousin et Zoulou Brulé que j’allais voir de temps en temps au Pingouin car c’était plus près de chez moi ! »

Auteur de 68 buts en 358 sélections, John-John Dohmen n’est toutefois pas encore prêt à tirer sa révérence. Il poursuivra l’aventure jusqu’aux Jeux de Tokyo. « J’ai d’autres objectifs que ce type de reconnaissances individuelles. Je veux surtout devenir numéro 1 mondial avec les Red Lions, mais aussi entrer dans l’histoire avec un sacre de champion du monde ou un titre olympique. Et je sais que c’est possible avec cette équipe. Mais, pour cela, il faudra travailler dur et remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. »

Laurent Toussaint (à Breda).

Photo : FIH / Frank Uijlenbroek – WorldSportpics.

Les joueurs belges les plus capés de l’histoire :

Marc Coudron (358 sélections)
John-John Dohmen (358 sélections)
Maxime Luycx (345 sélections)
Thierry Renaer (339 sélections)
Xavier Reckinger (328 sélections)
Jean Willems (312 sélections)

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