Gauthier Boccard : « Nous n’avons pas de souci avec la critique »

Depuis quelques jours, les joueurs belges sont dans l’œil du cyclone. La débâcle face aux Pas-Bas (6-1) et le partage bien peu enthousiasmant avec l’Argentine (1-1) suscitent de nombreux commentaires dans la presse et chez les supporters peu habitués à assister à ces prestations moyennes de la part des Red Lions. Il faut, en effet, remonter, à décembre 2014, lors du Champions Trophy organisé à Bhubaneswar, pour assister à une série de trois matchs sans victoire pour la Belgique.

Pourtant dans le groupe, la sérénité reste de mise. Le duel inaugural face à l’Australie était encourageant (3-3), il reste encore trois rencontres à disputer et le tournoi est encore loin d’être terminé comme le précise Gauthier Boccard. « Si nous remportons nos deux derniers matchs de poule, nous n’aurons subi qu’un seul revers en 5 sorties face, il faut le rappeler, au top mondial. Nous pouvons encore accrocher le match de classement pour la 3e place. Si nous remportons ensuite le bronze, il d’agira d’une première pour notre pays qui n’a jamais terminé sur le podium lors de cette compétition. »

Et si le discours se veut rassurant, cela ne signifie pas pour autant que le défenseur des Red Lions se voile la face. Depuis huit ans qu’il appartient au noyau, le joueur du Waterloo Ducks en a déjà connu des tournois compliqués et des situations délicates. « Avant les jeux de Rio, nous n’avions pas souvent battu les équipes du top 5 et cela ne nous a pas empêché de décrocher l’argent à Rio. Mais attention, nous ne cherchons pas d’excuses pour notre entame de tournoi. Nous manquons de jus, de créativité et de réussite à la balle. Les résultats ne sont pas à la hauteur alors que nous visions une finale à Breda. Il y a de la frustration car les joueurs font preuve de beaucoup de bonne volonté pour rectifier le tir. Et même si cela ne doit pas être une excuse, le terrain ne nous convient pas du tout. Il est beaucoup trop lent et rebondissant. Cela provoque énormément de déchet technique et cela nous empêche de développer notre véritable jeu. A côté de cela, la plupart d’entre nous n’évoluent pas à leur meilleur niveau. Et je reconnais que nous sommes fatigués mentalement. »

Encensée dans la presse depuis leur podium aux jeux, la Belgique doit à présent faire face à des journalistes et une opinion publique bien plus exigeants. « Nous n’avons aucun souci avec les critiques et les analyses sur nos résultats ou nos prestations, conclut encore Gauthier Boccard. D’autant plus que la plupart des remarques et des commentaires sont justifiés. Je comprends parfaitement que les supporters soient déçus. Nous le sommes tout autant. Mais cela fait partie du processus de développement et de construction de cette équipe. Nous nous sommes fixés de solides objectifs pour la prochaine Coupe du monde et nous avons les qualités pour y parvenir. Ce groupe se remet déjà constamment en question. Nous pouvons tout nous dire dans cette équipe même si ce n’est pas toujours agréable d’entendre certaines remarques. L’important, c’est toujours que cela reste constructif et bienveillant. »

Le duel face à l’Inde constituera donc un premier bon test pour les protégés de Shane McLeod dans une compétition extrêmement relevée qui ne permet décidemment pas la moindre l’erreur ou un quelconque flottement.

Laurent Toussaint (à Breda).

Photo : FIH / Frank Uijlenbroek – WorldSportpics.

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