L’Herakles au Final 4, la belle histoire d’une bande de copains

Alors que les observateurs attendaient le Dragons ou le Racing, ce sont finalement les Lierrois qui sont parvenus à tirer leur épingle du jeu lors des quarts de finale de l’EHL, à Rotterdam. Un magnifique exploit pour les vice-champions de Belgique 2017. Pour Michel Schuermans, le coprésident du club, personne ne s’attendait à obtenir de tels résultats la saison dernière mais aussi lors de ce tout premier rendez-vous en EHL. « Même si ce n’est finalement que la juste récompense suite au projet mené depuis de nombreuses années chez nous, nous n’avions pas fixé de tels objectifs à nos joueurs. Nous ne nous attendions pas à disputer les playoffs la saison dernière. Pour être tout à fait honnêtes, nous avions envisagé une place dans le Top 6. Nous savions, en revanche, que nous possédions une très bonne génération. Mais celle-ci avait encore besoin de prendre le temps de mûrir. Toutefois, il faut bien reconnaître que nous avons franchi un véritable palier au cours de ces 24 derniers mois. »

Sans Xavier Reckinger parti coacher au Racing, le groupe a pourtant mis un peu de temps à retrouver ses marques et à reconstruire une équipe compétitive, comme le souligne Michel Schuermans. « Le départ de Xavier a eu un impact important sur le groupe tant il avait joué un rôle déterminant dans les résultats obtenus la saison dernière. Le Néo-Zélandais, Nick Haig a dû reprendre une partie de son travail. Et cela a pris un peu de temps à se mettre en place. Heureusement, dès la reprise après la trêve hivernale, nous avons retrouvé toutes nos sensations. Nous ne nous attendions pas à réussir cet exploit en EHL même si nous étions parfaitement préparés pour le rendez-vous européen. Mais soyons tout de même un peu modestes, nous avons la chance, ou la réussite, de tomber face à deux équipes espagnoles. Ceci dit, nous avons disputé deux très bons matchs et notre qualification n’est certainement pas usurpée. »

Particularité de l’Herakles, le club s’est toujours appuyé sur son école de jeunes pour construire un groupe compétitif afin de pouvoir jouer les premiers rôles en division d’honneur. Et depuis la fin de la saison dernière, celui-ci est arrivé à maturité sous les ordres de l’Australien Darran Bisley qui a parfaitement assimilé la mentalité du coin (il a évolué en équipe première et il a épousé une Anversoise !) et qui est reconnu pour sa grande maîtrise tactique. « C’est vrai qu’il existe une ambiance particulière chez nous, se réjouit le président. Depuis toujours, tous les membres (NDLR : 1.054 au 2 mai dernier) ont toujours été très liés aux joueurs de l’équipe première puisqu’il s’agit bien souvent de cousins, de fils, de membres de la famille, de copains ou de voisins. Nous nous sommes, par exemple, toujours interdit, de puiser chez nos voisins pour alimenter notre école de jeunes. Outre nos 5 étrangers, nous nous appuyons uniquement sur des jeunes issus du cru. La moyenne d’âge doit avoisiner les 23 ans. Tous les joueurs du noyau A coachent une équipe de jeunes. Il existe donc un lien très fort entre la jeune génération et l’équipe première. C’est un travail de très longue haleine. Nous nous sommes toujours battus pour disposer d’un maximum de talents qui pourraient se retrouver un jour en équipe fanion. »

Un travail reconnu également au niveau international puisque le capitaine, Nicolas De Kerpel, et Amaury Keusters évoluent sous le maillot des Red Lions. Mais pas question pourtant de s’enflammer du côté de la direction lierroise qui souhaite, avant tout, continuer sur sa lancée et construire sereinement pour le futur. « Nous allons continuer de la même manière même si nous pensons, à présent, que nous pouvons nous positionner plus haut et durablement dans la hiérarchie nationale. Voilà pourquoi nous avons décidé de nous renforcer en attirant un attaquant de niveau international en la personne du Néo-Zélandais Stephen Jenness. Et nous sommes toujours à la recherche d’un joueur pour venir étoffer notre milieu de terrain. En ce qui concerne le Final 4 de l’EHL, nous n’avons rien à perdre à Bloemendaal. Sur papier, notre adversaire est plus fort que nous. Nous nous appuierons sur une bonne organisation défensive qui constitue notre point fort et nous procéderons en contre-attaques. Nous ne sommes pas prêts à nous laisser dévorer. Nous jouerons avec nos qualités. Et sur un match, tout reste possible. »

Le bouillant public lierrois est prêt, en tout cas, à jouer à fond son rôle de 12 e homme comme ce fut déjà le cas à Rotterdam afin de pousser cette bande de copains vers un nouvel exploit.

Laurent Toussaint, In Le Soir.

Photo : Frank Uijlenbroek/World Sport Pics.

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