Sébastien Duterme rêve aussi des JO

Si tous les regards sont actuellement tournés vers les Red Lions au Champions Trophy, un autre Belge joue gros, également, lors de ce rendez-vous international. En effet, Sébastien Duterme, l’un de nos deux meilleurs arbitres sur la scène mondiale, aux côtés de Gregory Uyttenhove (qui représentera notre pays, lors de la Coupe du monde, à Bhubaneswar) rêve lui aussi de participer aux Jeux olympiques 2020, à Tokyo.

À 43 ans, le Bruxellois réalise un bon tournoi et démontre, depuis samedi, qu’il figure bel et bien parmi les meilleurs arbitres du monde. Mais, il n’y a pas de hasard. Comme les joueurs, il a travaillé d’arrache-pied pour arriver fin prêt à Breda. « J’ai commencé ma préparation pour ce rendez-vous dès le mois de décembre. J’ai perdu 8 kilos pour venir ici. Je me suis entraîné très dur physiquement. Je me suis également astreint à suivre deux ou trois séances hebdomadaires supplémentaires au travail de fond nécessaire pour déjà prester au mieux dans la compétition de division d’honneur. Enfin, j’ai également arbitré 5 matches internationaux en 10 jours avant de débarquer ici. Et tout cela, à côté de ma vie professionnelle et familiale en soulignant que les arbitres possèdent toujours un statut 100% amateur dans notre pays. Cette passion exige donc énormément de sacrifices… »

C’est d’abord comme joueur que Sébastien Duterme a débuté sa carrière. A 4 ans, il effectue ses premiers coups de stick sur le terrain du Wellington. A 16 ans, il goute, ensuite, pour la première fois, au sifflet. Et malgré un bon niveau de hockey (il évoluera en équipe nationale U18), il décide de se lancer à fond dans ce nouveau défi. « Le niveau de l’arbitrage belge est bon et reconnu sur la scène internationale. La FIH, qui nous considère comme une nation évolutive au niveau mondial, parle beaucoup de ce petit pays qui travaille énormément au niveau de l’arbitrage. Il existe toute une génération talentueuse qui pousse et nous sommes partis pour 15 ou 20 belles années. La structure, la formation et l’encadrement sont reconnus. Enfin, nous sommes souvent à la pointe de la technologie comme avec l’acquisition de nos oreillettes dernière génération ou l’utilisation de la vidéo lors des finales du championnat depuis 2017. »

Et alors qu’il vient de boucler sa 26e saison en division d’honneur, le Bruxellois sait que le temps tourne au niveau international. Et après la prestation étincelante de sa collègue Laurine Delforge lors des JO à Rio (elle a arbitré la finale), il rêve, lui-aussi de connaître cette excitation et cette reconnaissance ultime. « C’est évidemment mon objectif suprême. La limite d’âge est fixée à 47 ans sur la scène mondiale. Il me reste donc encore 4 ans pour aller aux JO (Rires) . Mais il y a des discussions et des bruits de couloir qui sous-entendent qu’on pourrait repousser cette limite. Le temps presse donc. Mais je ne pose pas trop de questions. Je travaille et je m’investis à fond pour atteindre mon objectif. Maintenant si je n’y vais pas au Japon, c’est qu’il y aura eu 16 arbitres meilleurs que moi. Je n’aurai alors aucun regret. »

Enfin, impossible de discuter avec un arbitre international sans évoquer le VAR qui suscite tant de commentaires à la Coupe du monde de football. Sébastien Duterme possède naturellement un avis autorisé sur la technologie que le hockey utilise déjà, avec succès, depuis 2010. « La plus grande différence, c’est qu’en football, toute la responsabilité repose sur les arbitres alors que celle-ci incombe quasi exclusivement sur les joueurs dans le hockey. C’est là que se situe, selon moi, toute la problématique. Si un joueur pose une mauvaise question, il n’aura jamais gain de cause. De plus, comme c’est l’arbitre vidéo qui possède la responsabilité finale pour trancher, c’est beaucoup plus simple. En foot, c’est l’arbitre lui-même, qui doit remettre en cause sa propre décision ou son interprétation. Et donc ce n’est pas toujours évident. »

Laurent Toussaint (à Breda).

Photo : FIH / Frank Uijlenbroek – WorldSportpics.

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