CHAQUE DÉTAIL COMPTE SUR LA ROUTE VERS LONDRES

C’est un torrent de pluie sans fin qui s’abat sur les terrains du Braxgata dans la banlieue d’Anvers. Mais les joueurs de l’équipe nationale ne bronchent pas et se plient sans un mot aux exercices imposés par l’ensemble du staff. Depuis lundi dernier, les Lions ont entrepris leur préparation intensive qui les mènera jusqu’aux Jeux olympiques de Londres. Pourtant, cette nouvelle séance de travail est quelque peu particulière. En effet, Gatorade, l’un des sponsors de la Fédération mais aussi l’un des leaders sur le marché des boissons isotoniques a proposé à l’ensemble du groupe de se soumettre à un « Sweat Test » afin de mesurer les besoins individuels et spécifiques de chaque joueur en termes d’hydratation.

Aux commandes de cette étude, le docteur Stavros Kavouras, venu tout spécialement du Gatorade Sports Science Institute (GSSI) dans l’Illinois : « De nombreuses études ont démontré clairement qu’au cours d’exercices sportifs intenses, un taux d’hydratation adéquat pouvait avoir un effet positif sur la précision, sur la performance et sur la concentration de l’athlète. Il est donc essentiel de mesurer la quantité de transpiration et d’évaluer sa composition afin de déterminer le profil de chaque joueur de l’équipe belge. »

Le chercheur américain qui travaille depuis des années avec le gratin du sport mondial comme Usan Bolt, Serena Williams, le Real Madrid, Manchester United ou le Barca a donc procédé à une batterie de tests avec les joueurs de Colin Batch avec, en point de mire, des résultats qui intéresseront au plus haut point le coach australien. « Nous travaillons déjà ensemble depuis plusieurs mois en vue de la prochaine échéance capitale. Nous sommes naturellement à l’affût de tout ce qui permettra d’optimaliser les prestations du groupe même si nous portions déjà une attention toute particulière à cet aspect depuis plusieurs années. »

Tout comme la nutrition, l’hydratation est devenue l’un des points d’attention dans la préparation. C’est ainsi que certains sportifs, qui souffrent d’une faible déshydratation (de 1 à 2% de perte de poids), peuvent voir leurs prestations influencées de façon négative. Mais pour les joueurs, ce discours est déjà connu et assimilé. « C’est même devenu une véritable habitude de vie, confirme Xavier Reckinger, l’un des cadres des Red Lions. Cela fait plus de dix ans que j’évolue en équipe nationale et j’ai suivi de près cette évolution. Que ce soit en période d’entraînement ou de compétition, nous ne quittons plus jamais notre bouteille d’eau ou notre gourde. Il s’agit, aujourd’hui, d’un réflexe. Nous sommes tous conscients de l’importance capitale de ce facteur dans notre quotidien de sportif de haut niveau. »

Et les conséquences de la déshydratation peuvent être multiples : crampes, maux de tête, la fatigue ou diminution importante de la concentration. « Les athlètes qui transpirent ne perdent pas seulement de l’eau mais également de sels minéraux comme le sodium ou le potassium, explique encore le Dr Kavouras. Mais nous pouvons lutter contre ces désagréments. Grâce aux résultats enregistrés par cette batterie de tests, nous pourrons prescrire un schéma d’hydratation adapté et individuel à chacun des Red Lions. »

Et Tom Mertens, le kiné de l’équipe de conclure encore. « La période des Jeux sera naturellement cruciale au niveau de l’hydratation et de la récupération des joueurs. Il sera capital pour le groupe de parvenir à gérer au mieux cet enchaînement de rencontres et de journées de repos. Nous serons donc particulièrement attentifs à cet aspect car nous sommes bien conscients que ce facteur jouera très certainement un rôle dans la place finale que nous décrocherons à Londres… »

Laurent Toussaint, in Le Soir, mercredi 13 juin 2012.

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