L’expérience anversoise face à la force de caractère uccloise

Alors que le Watducks, champion de Belgique sortant, et La Gantoise, étaient pointés comme favoris au terme d’une phase classique trop facilement menée, ce sont le Racing Bruxelles et l’Antwerp qui ont tiré leur épingle du jeu lors des playoffs pour se hisser en finale. Celle-ci opposera donc les championnes de D1 et promues au sein de l’élite cet été, aux Anversoises vice-championnes en titre.

« Le simple fait de nous retrouver à ce stade-ci de la compétition est extraordinaire, jugeait Xavier Reckinger, le coach des Uccloises. L’objectif était d’atteindre le maintien de manière confortable. Une fois notre place dans le top 4 assurée, nous avons pu nous concentrer sur la suite du championnat. Avec une formule de compétition normale, nous aurions sans doute terminé la saison entre la cinquième et la septième place, ce qui nous aurait convenu. Mais les playoffs ont offert ce supplément d’envie et d’ambition dans notre chef. »

Une performance de taille pour un noyau qui se repose essentiellement sur les jeunes du cru, formées au club depuis leur plus jeune âge, encadrées par ce qui se fait de mieux en Belgique : Anouk Raes, Jill Boon et Linda Haussener ; toutes les trois débarquées à l’été dernier. « La force collective se traduit parfaitement au sein d’un groupe qui a évolué ensemble pendant de nombreuses saisons. L’apport des joueuses d’expérience était nécessaire afin de franchir un palier et parvenir à se mêler à la course aux playoffs cette saison. »

Le Racing n’a pas brûlé les étapes

Car oui, le Racing a toujours refusé de brûler les étapes, refusant, notamment, d’accéder à la division d’Honneur il y a deux saisons, avant, donc, de franchir le cap cet été. « À l’époque, les filles n’avaient pas encore la maturité pour se frotter au top niveau. Il était nécessaire de parfaire leur apprentissage. Mais une chose est certaine : c’est une équipe dotée d’un énorme potentiel et qui pourra, à l’avenir encore, jouer les premiers rôles. »

Pour le plus grand bonheur d’un club qui court après un septième titre depuis… 1949 ! Tout le contraire de l’Antwerp, champion à 18 reprises – la dernière fois en 2015. « Un nouveau sacre représenterait bien plus qu’un trophée : il récompenserait le travail établi depuis les classes de jeunes de tout un club, glissait Sofie Gierts, la coach anversoise. Nous avons traversé la saison avec certaines difficultés et beaucoup de malchance. La force de caractère affichée par le groupe a été incroyable pour se hisser jusqu’en finale. Cette même force de caractère qui devra, ces samedi et dimanche, nous pousser à nous dépasser, car le Racing ne sera pas un oiseau pour le chat. »

Et pour cause, en s’imposant face au Waterloo Ducks, champion en titre, en quarts, et en éliminant le Braxgata, titré en 2016 et 2017, en demies, les Bruxelloises ont laissé une belle carte de visite. « Ce qui me laisse croire que cette finale sera très ouverte, assurait Sofie Gierts, tout comme Xavier Reckinger. L’Antwerp est un sacré client et peut compter sur une expérience incroyable. En finale, cela peut jouer un rôle crucial. Dans notre chef, il sera primordial de gérer nos efforts avec la balle, afin de ne pas être surpris comme face au Brax, lors de la demie retour… »

Sébastien Hellinckx, In Le Soir, jeudi 9 mai 2019.

Photo : Philippe Demaret – Okey.be.

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